Barbara Léon Leclercq
La pratique de Barbara Léon Leclercq essaie de penser dans un même geste la notion de fondation et d’effondrement. On pourrait dire que c’est sur ce fil tendu que réside son travail. Une faille dans ce passage continu, où la ruine est envisagée comme un terrain fertile, où s’élaborent des scénarios en même temps que leurs versions alternatives.
La céramique et le dessin sont ses médiums de prédilection, qui prennent souvent place dans des installations conçues comme des narrations spéculatives. Ainsi diverses investigations se tissent en réunissant des anecdotes, des mythes ou encore des témoignages, et ce, sans hiérarchie aucune.
La céramique prend souvent la morphologie de chimères, et le décor est fondé sur des ruines. Son travail prolonge les énigmes, tente d’ouvrir des possibilités, afin de formaliser de nouveaux paysages. Diplômée de la Cambre à Bruxelles en 2022, Barbara a poursuivi une année de recherche universitaire à la faculté d’architecture Horta, afin de décanter des recherches. Cette dernière fut le fruit d’une recherche volontairement digressive, rendant poreux des domaines de recherches spécifiques tel que l’éthologie, l’architecture, ou encore la théologie. L’intuition de départ étant de chercher la relation de cause à effet entre les discours d’effondrement et la résurgence de figures chimériques dans nos imaginaires, mais aussi à l’oeuvre dans l’art contemporain.
A room filled with lucky charms, est le nom donné à l’exposition présentant le livre, dans une mise en scène de laboratoire où les limules pouvaient cette fois-ci disposer de leur libre-arbitre, jusqu’à se métamorphoser. Cette même période, elle bénéficia d’une résidence au sein de Moly Sabata, (2022, FR), où elle expérimenta une manière d’articuler de grandes sculptures/costumes en céramiques. De retour en Belgique, de nombreux projets s’articuleront, aussi bien dans le milieu institutionnel qu’indépendant. Entre autres, des scènes de dévorations installées le long du grand portail du Centre Wallonie Bruxelles (2023, Paris, FR), des chimères plus dociles au seuil de la galerie Puls-ceramics (2023, Bruxelles, BE), et enfin une grande colonne fut érigée lors de l’exposition Phénoména (cur. Elders collectief, Kortrijk, 2024, BE). Récemment, son travail a été présenté à Roubaix dans le cadre du programme hors-les-murs du musée du LaM (2025, FR), amorçant une série de gardiens ne remplissant pas leur fonction.
Depuis moins d’un an maintenant, Barbara vit désormais dans le sud de Paris. Cette année a été marquée par le travail d’écriture du scénario du projet Marguerites, ainsi que de deux résidences en Grèce, à Athènes puis à Naxos, où différents visages ont étés dessinés à l’intention de Marguerite.